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Barème kilométrique 2026 : calcul, exemples et pièges

7 min de lecture · Publié le 17 août 2026

Si vous utilisez votre voiture personnelle pour votre activité — trajets domicile-travail aux frais réels, déplacements professionnels d'indépendant, missions ponctuelles — le barème kilométrique est probablement la déduction la plus rentable que vous puissiez calculer. Encore faut-il le calculer juste : le barème n'est pas un simple tarif au kilomètre, et les erreurs de lecture sont fréquentes. Voici le barème 2026 complet, la méthode, et des exemples chiffrés.

Le barème voitures 2026

Le barème applicable en 2026 (déclaration des revenus 2025) est reconduit à l'identique. « d » représente la distance professionnelle annuelle en kilomètres :

Puissance fiscaleJusqu'à 5 000 kmDe 5 001 à 20 000 kmAu-delà de 20 000 km
3 CV et moinsd × 0,529(d × 0,316) + 1 065d × 0,370
4 CVd × 0,606(d × 0,340) + 1 330d × 0,407
5 CVd × 0,636(d × 0,357) + 1 395d × 0,427
6 CVd × 0,665(d × 0,374) + 1 457d × 0,447
7 CV et plusd × 0,697(d × 0,394) + 1 515d × 0,470

Et le point que beaucoup ratent : pour un véhicule 100 % électrique, le résultat est majoré de 20 %. La majoration s'applique au montant total, y compris la part fixe de la tranche intermédiaire.

🚗 Calculer mes frais kilométriques 2026

Comment lire ce barème (là où tout le monde se trompe)

Première erreur classique : croire que les tranches s'empilent comme celles de l'impôt. Non — on applique une seule formule, celle de la tranche où tombe votre kilométrage total. Si vous avez parcouru 8 000 km en 5 CV, vous n'appliquez pas 0,636 sur les 5 000 premiers puis 0,357 sur le reste : vous appliquez directement (8 000 × 0,357) + 1 395. La part fixe de 1 395 € sert précisément à assurer la continuité entre les tranches.

Deuxième erreur : la puissance fiscale. C'est celle de la carte grise (champ P.6), pas la puissance en chevaux « moteur ». Une citadine essence récente fait souvent 4 ou 5 CV fiscaux, un SUV diesel 7 CV et plus.

Troisième point : ce que le barème couvre. Dépréciation du véhicule, entretien, réparations, pneus, carburant (ou électricité), assurance — tout est inclus. Vous pouvez seulement y ajouter les frais de péage et de stationnement professionnels, et les intérêts d'un crédit auto au prorata de l'usage professionnel.

Trois exemples chiffrés

Exemple 1 : salariée aux frais réels, 4 CV, 6 200 km

Trajets domicile-travail : 31 km aller-retour × 200 jours = 6 200 km. Formule 4 CV, tranche intermédiaire : (6 200 × 0,340) + 1 330 = 3 438 € déductibles. À comparer à l'abattement forfaitaire de 10 % : si votre salaire imposable est de 28 000 €, l'abattement vaut 2 800 € — les frais réels gagnent, à condition de renoncer à l'abattement pour tous vos frais professionnels.

Exemple 2 : artisan en déplacement, 5 CV, 14 500 km

(14 500 × 0,357) + 1 395 = 6 571 €. Ajoutez les péages professionnels (disons 380 €) : 6 951 € au total. À 14 500 km/an, la question des frais réels du véhicule (facturation à l'entreprise, véhicule utilitaire dédié) mérite d'être posée avec votre comptable — le barème reste souvent gagnant pour un véhicule personnel polyvalent.

Exemple 3 : Tesla Model 3 (électrique), 9 000 km

Puissance fiscale typique : 4 CV (vérifiez votre carte grise). Calcul de base : (9 000 × 0,340) + 1 330 = 4 390 €. Majoration électrique : 4 390 × 1,20 = 5 268 €. La majoration de 20 % rend le barème particulièrement avantageux en électrique, l'électricité coûtant par ailleurs moins cher que l'essence au kilomètre.

Frais réels ou abattement de 10 % : comment trancher

L'abattement de 10 % (plafonné) est appliqué automatiquement à tous les salariés. Opter pour les frais réels n'a de sens que si l'ensemble de vos frais professionnels justifiables (kilométrique + repas + matériel + formation...) dépasse cet abattement. Règle pratique : en dessous de ~20 km de trajet quotidien aller-retour, l'abattement gagne presque toujours ; au-delà de 40 km, les frais réels gagnent presque toujours ; entre les deux, faites le calcul — notre calculateur donne le montant kilométrique en quelques secondes, et notre simulateur d'impôt permet de comparer l'effet des deux options sur votre impôt final.

Justificatifs : le barème dispense de conserver les factures de carburant, pas de justifier les kilomètres. Tenez un relevé des déplacements (date, motif, trajet, distance) — un agenda professionnel cohérent suffit généralement. En cas de contrôle, un kilométrage annuel invraisemblable par rapport au contrôle technique est le premier signal que vérifie l'administration.

Deux-roues : des barèmes distincts

Les motos (plus de 50 cm³) et les cyclomoteurs ont leurs propres barèmes, avec la même logique en trois tranches et la même majoration de 20 % pour les modèles électriques. Les seuils de tranches diffèrent (3 000 et 6 000 km pour les cyclomoteurs, 3 000 et 6 000 km également pour les motos). Notre calculateur intègre les trois barèmes (voiture, moto, cyclomoteur).

FAQ

Le barème kilométrique a-t-il été revalorisé en 2026 ?

Non : le barème 2026 (revenus 2025) est reconduit à l'identique par rapport à l'année précédente, majoration électrique de 20 % comprise.

Puis-je utiliser le barème pour une voiture de location ou en LOA ?

Oui pour une LOA/LLD utilisée à titre personnel : le barème couvre alors l'usage, mais vous ne pouvez pas déduire en plus les loyers. Pour une location ponctuelle, déduisez plutôt les frais réels de location au prorata professionnel.

Les trajets domicile-travail comptent-ils sans limite ?

La déduction est admise dans la limite de 40 km de trajet (aller), soit 80 km par jour, sauf circonstances particulières justifiées (mutation du conjoint, impossibilité de se loger plus près...). Un seul aller-retour quotidien est admis, sauf contraintes horaires particulières justifiées.

Le barème s'applique-t-il aux micro-entrepreneurs ?

Non pour l'impôt : le régime micro applique un abattement forfaitaire qui couvre tous les frais — vous ne pouvez rien déduire en plus. Le barème sert en revanche aux professions libérales au réel (BNC), aux entreprises pour rembourser les indemnités kilométriques de leurs salariés et dirigeants, et aux salariés aux frais réels.

Sources : service-public.gouv.fr (barèmes kilométriques 2026), economie.gouv.fr (barème des frais kilométriques), BOFiP (frais réels des salariés). Dernière vérification : juillet 2026.

Écrit par Florian, développeur indépendant et fondateur d'Epsylon, un ERP français pour ateliers de réparation et commerces de proximité. Le calculateur de frais kilométriques d'Epsylon Tools applique ce barème, vérifié contre les sources officielles à chaque millésime. En savoir plus
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